« Comment mettre en place le SMIC à 1700€ brut en début et 1700€ net en fin de mandature dans TOUTES les entreprises ? »

Question posée par Dealberto Pierre - Répondu le 13 décembre 2011, 35 contribution(s)

Mots clés : économie, salaire

Réponse de l'argumenataire :

Aujourd’hui, le SMIC est à 1365 € brut mensuel [1], soit 1070 € net mensuel pour un travail à temps plein (35 heures). Il sera revalorisé à 1398,37 € au 1 janvier 2012 [2]. La proposition du Front de Gauche est de le passer à 1700 € brut mensuel en 2012 soit une augmentation de 300 € brut (ou 21,57%). L'intérêt de cette augmentation repose sur le fait que le salaire minimum doit pouvoir assurer une vie décente (se loger, se chauffer, se déplacer, se soigner, s'instruire et se nourrir correctement) ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Au 1er janvier 2008, 3 370 000 salariés sont au SMIC en France [3]. Un smicard sur trois (33,5%) est à temps partiel [3].

Impossible n’est pas français ! Le SMIC doit permettre un niveau de vie décent

L'un des arguments de la droite (UMP, FN), du centre-droit (MoDem) ou des sociaux-libéraux (PS) est d'annoncer qu'une hausse de 21,57% du SMIC est impossible dans le contexte actuel. Cet argument n'est pas nouveau pour la droite et le centre, plus récent pour les partis "dits" de gauche comme le PS. En effet, il a été avancé lors de la mise en place des congés payés en 1936, puis lors du passage à 3 semaines en 1956, puis à 4 semaines en 1968 et enfin à 5 semaines en 1982. Cet argument était aussi au rendez-vous lors de l'élargissement de la sécurité sociale à tous les travailleurs en 1945 ou lors de la réduction du temps de travail en 1919 (loi sur la journée de 8 heures) puis en 1936 (loi sur les 40 heures hebdomadaires). L'augmentation du SMIC proposée par le Front de Gauche est moins importante que celle qu'ont obtenue les syndicats en mai 1968 et à l'époque comme aujourd'hui, les entreprises ont su y faire face... A chaque fois qu'une avancée sociale est proposée, les conservateurs de droite et du centre sont au rendez-vous pour affirmer que cette proposition est utopiste ou impossible. La vraie question que pose le Front de Gauche est la suivante : Est-ce possible, en 2011, de vivre décemment avec un SMIC à 1070 € net mensuel ?

L’augmentation du SMIC ne favorise pas les délocalisations

Un autre argument est que la hausse du SMIC favorise la délocalisation des emplois. Cela ne tient pas car seul 5% des emplois au SMIC sont délocalisables. En effet, les SMICards sont dans des secteurs non-délocalisables comme l'hôtellerie-restauration (41%), les services aux particuliers (30,5%) et le commerce de détail (25%).

L’inflation est un faux prétexte

Le retour de l'inflation est un autre argument pour discréditer l'augmentation du SMIC. Il est généralement émis du côté des conservateurs et des libéraux où l'accumulation de richesse est sacrée. Actuellement, La Banque Centrale Européenne (BCE) a comme objectif le soutien de l'activité économique à condition de ne pas porter préjudice à la stabilité des prix. Or, ces deux objectifs s'opposent car une forte activité économique génère de l'inflation alors qu'un ralentissement freine la croissance et donc les prix. La BCE a donc comme mandat principal la stabilité des prix et c'est pourquoi un objectif maximal de 2% d'inflation dans la zone euro est défini dans ses prérogatives. Olivier Blanchard (économiste en chef au FMI) indique qu'un objectif de 4% d'inflation serait plus favorable pour l'activité économique [4]. Historiquement, les salariés sont plutôt les gagnants des périodes d'inflation. Les prix augmentent mais les salaires suivent cette augmentation, il n'y a donc pas de perte de pouvoir d'achat en période d'inflation pour eux. En revanche, l'épargne s’érode et c'est pour cette raison que les rentiers ne souhaitent surtout pas un retour de l'inflation.

L’augmentation du SMIC sur les entreprises peut être absorbée

Il ne faut pas le cacher, l'impact de cette hausse ne sera pas nulle sur les entreprises. En effet, cette hausse peut facilement être absorbée par des géants de la restauration comme Mc Donalds, de l’hôtellerie comme le groupe Accor ou du commerce comme Carrefour. D'une part, les grandes entreprises seront touchées par le revenu maximum fixé à 20 fois le revenu médian (soit aujourd'hui 360 000 euros par an) ce qui aura un impact positif sur les bas salaires de l’entreprise, d’autre part elles dégagent suffisamment de marges pour augmenter les bas salaires.

En revanche, sur les plus petites structures (surtout celles en difficulté), cette hausse peut aboutir à des suppressions d'emplois car le coût du travail serait trop important pour l'entrepreneur qui n'arrive pas à dégager suffisamment de marges. C'est pourquoi le Front de Gauche couple cette mesure avec d'autres. Le protectionnisme social et écologique permet de favoriser l'entreprise locale plutôt que l'entreprise lointaine afin de favoriser les circuits courts entre le producteur et le consommateur. Les produits étrangers seraient donc plus chers et l'entreprise française qui répercuterait la hausse du SMIC dans ses prix de vente serait donc encore concurrentielle. Ceci est valable pour les SMICards travaillant dans le commerce de détail et plus marginalement dans le secteur de l'industrie. L’augmentation du SMIC permettrait aussi aux classes populaires d’accéder à ces produits locaux plutôt que d’être obligé d’acheter des produits étrangers. Un autre coût des PME est l'accès au crédit. Jusque dans les années 80, ces entreprises avaient un accès au crédit à un taux proche de zéro. Depuis, l'accès au crédit est bien plus complexe et bien plus coûteux (taux de 6% en moyenne). Le Front de Gauche, à l'aide de son pôle public bancaire offrira un accès quasi-gratuit au crédit aux TPE/PME ce qui compensera en partie l'augmentation du SMIC.

Enfin, la hausse du SMIC aurait cependant comme conséquence une hausse de la consommation des ménages les plus pauvres ce qui se traduira par une hausse de l'activité économique.

La baisse des prélèvements obligatoires n’est pas une solution

La droite (conservateurs, libéraux) met souvent en avant qu’une baisse des cotisations sociales permettrait une augmentation du salaire net. Techniquement, ils ont raison. Cependant, ils oublient de préciser qu’une baisse de ces cotisations aurait pour conséquence une baisse des prestations sociales tel que les indemnités chômages, les remboursements de santé ou les pensions de retraites. En effet, le salaire net alimente la consommation et le salaire brut alimente les caisses de protection sociale (assurance chômage, retraite, assurance maladie etc).

Que se passe-t-il lorsque l’on baisse les prestations sociales ? Des organismes privés se mettent en place (ou étendent leurs offres) pour pallier cette baisse. Pour la santé, c’est les organismes de mutuelles privés. Pour la retraite, c’est les complémentaires privés. Sachant qu’en 2011, 29% des français renoncent à se soigner faute de moyen [5], quel sera la proportion de français qui ne compensera pas avec son salaire net cette baisse de prestation ?

En résumé, la baisse des prélèvements obligatoires n’a qu’un but : transférer l’assurance maladie publique vers les mutuelles privées, l’assurance chômage vers des assurances privées, le système de retraite public vers un système privé et donc en exclure les classes les plus pauvres. Dans un premier temps, le salarié devra faire un choix entre s’assurer ou augmenter son pouvoir d’achat. Dans un second temps, si le chômage de masse persiste – ce qui est défavorable au salarié lors de la négociation du salaire à l’embauche – il n’aura même plus ce choix et aura tout simplement perdu ses systèmes de protection sociale.

Une solution intégrée à un programme globale

L’erreur qui est souvent faîte est de simuler cette mesure dans le cadre actuel. L’augmentation du SMIC n’est pas une solution isolée. Cette mesure n’est pas unitaire et pour qu’elle soit réalisable elle doit se marier avec les autres mesures économiques telles que le salaire maximum, la relocalisation de la production, le protectionnisme social et écologique, la mise en place d’un pôle financier public etc. Il est donc fallacieux d’avancer l’argument du manque de compétitivité de nos entreprises si l’on se place dans le cadre actuel alors que nous ne seront progressivement plus dans ce contexte.

La position des autres partis politiques

Lors des primaires du PS, François Hollande annonçait vouloir revoir le mode du calcul du salaire minimum pour l’indexer sur les prix et la moitié de la croissance du pays [6]. Quant au MoDem, il ne proposait aucune augmentation du SMIC dans le programme présidentielle de 2007 [7]. Il serait étonnant qu’il revienne sur cette mesure dans son projet humaniste qui n’est toujours pas disponible à cinq mois des présidentielles. L’UMP peut être jugé sur son bilan : en cinq ans, aucun coup de pouce n’a été accordé par le président Nicolas Sarkozy aux SMICards alors que le pouvoir d’achat était l’une de ses principales mesures lors de l’élection présidentielle de 2007. Enfin, Marine Le Pen était interrogée sur la hausse du SMIC sur France 2 et a annoncé que cela n'était pas prévue dans son programme car « un programme présidentiel n'est pas un catalogue de mesurettes ». Les SMICards apprécieront que la question des salaires ne soit que secondaire pour le FN [8].

Le SMIC à 1700€ ? Une revendication des syndicats !

Pourquoi un SMIC à 1700 € (et pas à 2000 € par exemple) ? Car le Front de Gauche écoute les syndicats des travailleurs. En effet, depuis 2008, la Confédération Général du Travail (CGT) et Force ouvrière (FO) revendiquent un SMIC à 1600 €. Cette revendication est toujours d'actualité mais a été révisée à 1700 € [5]. Cette hausse a été calculé en prenant en compte les dépenses dites « contraintes », « pré-engagées » ou « incompressibles » tel que le loyer, l'énergie (électricité, gaz), les frais de transport, l'eau, les frais d’assurances etc. Ces postes de dépenses ont augmenté plus vite que les salaires et les ménages modestes sont les premiers touchés. En 2006, ces dépenses représentent 75% du revenu des 20% des ménages les plus pauvres (ceux qui sont les plus concernés par le SMIC) contre 50% en 2001.

Il est donc urgent d'augmenter le SMIC pour revenir à un niveau acceptable pour ces ménages.

[1] INSEE, Salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) (17/12/2010)
[2]
La Tribune, Nouvelle hausse du Smic au 1er janvier (15/12/2011)
[3] L'expansion, France : 3,4 millions de salariés payés au SMIC (22/05/2009)
[4] Rue89 : "Vive l'inflation !" Le FMI ose toucher à un tabou économique (27/02/2010)
[5] TF1, Un Français sur trois renonce à se soigner faute de moyens (30/09/2011)
[6] Débats 2012, Comparer les candidats sur l’emploi et le travail (20/09/2011)
[7] Conférence de presse (23/02/2007)
[8] France 2 (18/12/2011)
[9] CGT, Pourquoi la CGT revendique-t-elle le Smic à 1700 euros ? (27/09/2011)

Contributions

alabergerie.wordpress.c a dit le mercredi 21 décembre 2011 à 08:34 : #1

Merci pour cet argumentaire !

Allan Berger

stan a dit le mercredi 21 décembre 2011 à 15:23 : #2

"En effet, les SMICards sont dans des secteurs non-délocalisables comme l'hôtellerie-restauration (41%), les services aux particuliers (30,5%) et le commerce de détail (25%)."
ET actuellement, qu'elle est la part de travailleurs ayant un salaire compris entre le SMIC actuel et le SMIC à 1700€ et dans quels secteurs travaillent-ils?

Matthieu a dit le samedi 24 décembre 2011 à 17:28 : #3

Je n'ai pas ces statistiques mais c'est une question effectivement qu'il faut se poser.

Éric a dit le dimanche 25 décembre 2011 à 11:47 : #4

Quel est le revenu médian ? D'après le salaire maximum : 360000€/20/12 soit 1500€ ? Brut ou net ?
J'ai l'impression que la part des travailleurs qui ont un salaire inférieur à 1700€ doit être proche de la moitié des salariés (ça fait du monde).
Tous ces chiffres nous dépassent un peu car d'un autre côté, le pays est devenu deux fois plus riche en 30 ans.

Matthieu a dit le dimanche 25 décembre 2011 à 21:01 : #5

En 2009, le salaire médian net annuel d'un homme était de 20 063 et celui d'une femme de 16 813. Source : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon04146

fil a dit le mercredi 28 décembre 2011 à 16:21 : #6

Argumentaire à revoir parce qu'il comporte de nombreuses failles :

1. Vous raisonnez sur une augmentation du SMIC brut de 21 % en 2012 (1700/1385), mais la proposition concerne aussi le passage à 1700 net soit une hausse de 39 % en 2017 (1700/1222 en prenant comme hypothèse une croissance du smic de 2,5% par an net).

2. En 1968, les salariés ont obtenu une revalorisation de 35 % du SMIC. Mais le contexte n'était pas le même :
- d'abord parce que les inégalités salariales étaient à leur apogée depuis 1945, que le smig s'écartait du salaire moyen, alors que ce n'est plus le cas aujourd'hui (le mode d'indexation ayant changé) donc une revalorisation forte du SMIC ne se justifie plus de la même façon puisque les inégalités salariales entre les smicards et ceux payés au revenu médian se stabilise à un niveau faible par rapport à tous les autres pays ;
- ensuite parce que la croissance économique était forte, la France était en période de plein emploi et donc il n'y avait pas à choisir entre emploi et salaire, alors que la question se pose davantage avec des millions de chômeurs qui veulent aussi partager le gâteau de la richesse ;
- enfin parce que ce sont bien les salariés qui ont fait pression par la grève et ont conquis la hausse des salaires, ce qui a renforcé l'autorité et la légitimité des syndicats à l'époque, alors que si le Front de gauche applique toutes les revendications des syndicats il élimine du coup leur légitimité, il entretient l'idée que c'est le politique qui seul décide, et on retombe dans le centralisme et le dirigisme du politique.

3. C'est vrai qu'on ne vit pas avec un SMIC. C'est pour cela qu'il y a la redistribution, les aides sociales et fiscales (PPE, etc.). Le problème des "travailleurs pauvres" n'est pas lié au smic mais à la précarité, au chômage, à l'insuffisance d'emploi. Ce qui pose problème c'est de vivre avec un smic partiel. C'est la précarité qu'il faut éradiquer, pas le smic.

4. Les "classes populaires" ne soutiennent pas cette initative car beaucoup craignent d'être smicardisés, ils ont peur de la paupérisation relative. Dans une société, on se compare et on juge sa valeur économique et sociale par rapport à d'autres. Or, en relevant le SMIC, on sait que les entreprises ne réévaluent pas leur grille salariale donc une proportion plus grande de salariés deviennent smicards. Ce qui se joue là est le sentiment de ne pas être tout en bas, de valoir plus que les autres. Beaucoup sont déjà jaloux des augmentations du smic alors qu'eux même n'en ont pas (cf. gel des salaires dans la fonction publique). Que répondre à un prof qui débute à 2000 euros brut avec un bac+5 si le smic passe à 1700 euros brut puis 1700 net ?

La mesure apparait donc comme démagogique par de nombreux ouvriers et employés. Il faut prendre la mesure que beaucoup non seulement n'y croient pas mais n'en veulent pas !

Justine a dit le mardi 10 janvier 2012 à 17:35 : #7

Comment expliquez-vous alors que le SMIC n'ait pas suivi l'évolution du coût de la vie? Ce que vous dites ne tient pas la route. Si le SMIC était indexé sur le coût de la vie il serait de 1700 euros net à l'heure qu'il est. Etes vous en mesure de prouver le contraire?

Justine a dit le mardi 10 janvier 2012 à 18:39 : #8

Ce n'est pas l'arrêt de la croissance qui a freiné l'évolution sociale des salariés mais la loi de 1973 Pompidou/Giscard/Rotshild qui a permis à quelques rentiers de posséder les intérêts d'une dette exponentielle qui a plombé l'activité économique. Pour achever cette domination des néolibéraux ont été organisées des exonérations fiscales un peu partout dans le monde sous l'impulsion de Reagan et Thatcher, ce qui a encore davantage plombé l'activité.
Jean Luc Mélenchon est de plus parfaitement au courant du manque de représentativité du syndicalisme et compte bien y mettre un terme!
Par contre, il est sûr que ce ne sont pas des jours heureux qui s'annoncent pour quelques privilégiés mais ceux-là on s'en fout et "QU'ILS S'EN AILLENT TOUS" puisqu'on n'a pas besoin d'eux!

tristanof a dit le jeudi 26 janvier 2012 à 18:31 : #9

Pourquoi soutenir ou défendre les idées du Front de Gauche et ne rien lâcher?



Oui le Smic à 1700€ c'est possible et c'est vitale !!!
Ne laisser PERSONNE dire le contraire !!!
Nous ne sommes ni rêveur ni fou !

Première raison, sans doute la plus banale, ne pas l'envisager c'est refuser de croire en la force de la démocratie et la République. Donc c'est prendre la majorité du peuple pour des moutons, des pigeons ou des autruches...

Deuxième raison banale: refuser d'approfondir, caricaturer ou éviter le débat comme le font les médias et de nombreux politiques, c'est faire affront faire l’aveu du culte la pensée unique. Beaucoup trop de Français sont sont à l'image des médias et des politiques au pouvoir ou en passe de l'être a toujours refusé le débat, les possibles et vous enfermer dans leurs idéologies parfois contestables souvent insensées comme nous le montre les crises que nous traversons. Tout cela plait ce qui explique le vote utile et expéditif relayé par les sondages...

Troisième raison
C'est une question de volonté politique à l'heure où la finance impose l'austérité et donc de part leur logique économique financière et libérale la baisse des salaires par la mise en concurrence et l'imposition du temps partiel et des contrats précaires...

Les têtes du PS, au vu des discours et communiqués, est bien malheureusement dans cette logique...

Pourtant l'Amérique elle n'a pas hésité a créer de la valeur à travers leurs puissantes filières de télécommunication, leurs guerres, leurs liens commerciaux et donc faire tourner la planche a billet.
Alors pourquoi nous servile Européen ne ferions nous pas pareil en mettant en avant l'humain et l'écosphère d'abord?
Et que les esprits avisés en économie ne me parle pas de la peur de l'inflation car je les renvoi à l'incontestable courbe de Phillips et à ses perspectives politiques qui sont pour moi la seule rigueur que je puisse accepter...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Courbe_de_Phillips

votre dévoué

Tristanof

loulou63 a dit le dimanche 29 janvier 2012 à 22:29 : #10

Désolé mais si j'applique cet argumentaire à l'entreprise de maraîchage biologique où je travaille, je ne suis malheureusement pas convaincu . D'abord une augmentation du brut de 300€ va s'accompagner d'une augmentation des charges patronales d'environ 100€, ce qui fera au total environ 400€ en plus à trouver chaque mois par l'entreprise pour chaque salarié. Il n'y aura pas d'autres solutions pour nous, que de répercuter cette augmentation sur les tarifs de vente. Les facilités d'obtention de crédits n'y changeront rien dans les premiers temps en tout cas. Seule l'octroi d'une subvention mensuelle directe (pour nous permettre d'arriver à un nouvel équilibre) peut nous empêcher de répercuter intégralement cette augmentation sur nos prix de vente.
A plus longtemps un crédit plus facile voire gratuit, nous permettra de supporter cette augmentation en développant nos capacités de production. Mais il faudra un peu de temps.

emmanuel 64 a dit le vendredi 10 février 2012 à 22:58 : #11

Bonjour.
L'augmentation des salaires est en effet une question importante qui, outre de savoir si les entreprises pourront ou non la supporter; doit d'abord s’intéresser à la répartition des richesses produites.
La part captée par le capitale sous forme de rémunération des parts et actions est souvent largement supérieure à celle laissée pour la rémunération du travail.Je crois donc que c'est; pour certaines entreprises ici qu'il faut chercher un rééquilibrage entre rémunération du travail et du capital.Par ailleurs, pour ce qui est des entreprises non "capitalistiques" l'augmentation progressive des salaires permettrait de relancer la consommation.Cette mesure doublée d'une taxation des productions importées qui ne seraient pas produites dans des conditions sociales et écologiques acceptables permettrait de relativiser l'augmentation des salaires par une augmentation de la consommation de produits conformes aux exigences sociales et écologiques.

loulou63 a dit le samedi 11 février 2012 à 08:39 : #12

Cette mesure ne pose un problème que pour les PME qui n'ont pas d'actionnaire (dont les PME de l'Economie Sociale et Solidaire). On peut effectivement compter sur une relance de la consommation mais elle ne va pas être immédiate. Sans aide directe de l'Etat ou bien ces PME répercuteront intégralement cette augmentation du SMIG sur leurs prix de vente, ou bien elles fermeront la porte. Le discours du front de Gauche ne prends assez en compte les particularités des PME.

morvandiau a dit le samedi 11 février 2012 à 10:45 : #13

concernant les PME/PMI pourquoi ne pas proposer des contrats de sous-traitance obligatoires, comportant des clauses sociales, environnementales et une rémunération assurée dans la durée ?
faciliter la constitution d’une véritable mutualisation entre ces petites sociétés leurs permettant de créer un meilleur rapport de force avec les donneurs d’ordre ?
si le «petit artisan» qui embauche 2 personnes doit verser 600 € de plus, propositions pour rétablir une fiscalité vers les PME prise en charge par les «cacarente» ?
Et le rôle des banques ? un «agiotage» maximum imposé qui réduirait les charges financières, vis-à-vis des fournisseurs : un retour aux «usances» de la BdF permettant d’élargir le fond de roulement
Il me semble que notre discours est un peu court : si l’artisan embauche 2 personnes, il les paie le mois suivant anticipant largement sur un retour économique, il ne s’agit pas de prendre «en charge» fiscalement les «600€» mais de les faire partager ici et maintenant par les donneurs d’ordre, les fournisseurs, les banquiers et une imposition mieux réparties.

Coxnubuk a dit le lundi 13 février 2012 à 16:41 : #14

Je suis assez d'accord avec ce dernier commentaire. J'ai eu la remarque de
'un ami plombier qui a un salarie. Il me demandait comment il ferait pour financer cette augmentation? Faut-il qu'il augmente ses prix alimentant la spirale inflationniste? Pourquoi ne pas imaginer un mécanisme de charges patronales progressives avec un principe de tranches fonction du résultat de l'entreprise?

christian 83 a dit le jeudi 23 février 2012 à 10:49 : #15

il est impératif de répondre à la question n°10 de Loulou 63. Concrètement comment fait un entrepreneur de maçonnerie avec 4 salariés (dont lui même) pour augmenter les salaires de 500 à 600€ par mois (salaires+charges) comme cela le mois de la parution du décret.
Il va quand même bien falloir répondre à la question au risque de passer pour des rigolos !!!

gérard a dit le samedi 03 mars 2012 à 17:20 : #16

Il faut répondre à la question N°10 et N°15. J'ai des amis coiffeurs qui s'interessent au front de gauche. Mais je n'ai que des généralités et l'exemple de 68 à lui donner. Donnez nous un argumentaire pour ces gens là: coiffeurs, plombiers, maçon, artisans avec 1 ou 2 employés. C'est urgent.

Matthieu a dit le jeudi 08 mars 2012 à 12:25 : #17

J'aimerai réagir à l'ami qui travaille dans le maréchage bio pour lui demander si il est possible de calculer la répercussion des 300€ 400€ sur une salade un kilo de navet etc... Il me semble que si tu vends quelques kilos ça ne représente que quelques dizaines de centimes non? Tout les gens censés savent que la part de l'alimentation doit augmenter dans un budget et pour un smicard il ne peuvent pas...

Jürgen a dit le mardi 13 mars 2012 à 08:58 : #18

Pour répondre au problème de l'amorçage, une proposition cohérente a été émise par des camarades (syndicalistes, PCF et PG) pour venir à l'appui du programme partagé: l'institution d'une "Caisse de solidarité productive", insérée dans le cadre plus général du pôle public financier. Voir en ligne http://blogs.mediapart.fr/edition/la-revue-du-projet/article/130212/pour-une-caisse-de-solidarite-productive-par-thomas-m

Aurélie a dit le lundi 19 mars 2012 à 09:53 : #19

Et ceux qui se sont cassés le C** a faire des études pour avoir un salaire de 1700 net qu'auront il ? est ce que tous les autres salaires vont suivre ?

loulou63 a dit le mercredi 21 mars 2012 à 21:45 : #20

Réponse à Matthieu: Si l'entreprise où je bosse doit débourser 400€ de plus par mois et par salarié, cela représente 400 X 17 salariés = 6800€ de plus par mois à trouver rien que pour payer les salaires et les charges (patronales et salariales!). On vends nos légumes sous forme de paniers hebdomadaires en abonnement annuel à prix mensuel fixe. Donc on devra augmenter le tarif de nos abonnements mensuels pour trouver ces 6800€ chaque mois. On a 850 abonnements en ce moment en moyenne à 50€ par mois ce qui fera 8€ de plus par abonnement: soit 58€ au lieu de 50€ par mois. Si nos clients acceptent cette augmentation, alors ca peut passer!

morvandiau a dit le lundi 26 mars 2012 à 17:32 : #21

réponse à Loulou63 :
...et si on taxait les super-marché, les familles propriétaire pour compenser ???

Ludovic SANSONE a dit le jeudi 29 mars 2012 à 18:27 : #22

Petite réponse à Aurélie. A te lire, on croirait que les français font des études uniquement pour gagner plus d'argent. Pour ma part, je suis informaticien et gagne à peu près 2000 € par mois, et si le smic passe à 1700 €, je n'attends pas pour autant que mon salaire soit augmenté. Oui, j'ai fait 2 ans d'études, et je ne me suis jamais dit, au grand jamais, je vais gagner 1000 € de plus que le smic. J'ai suivi des études pour faire un métier qui me plait et si les postes visés avaient été rémunéré à hauteur du smic, cela n'aurait rien changé à l'envie d'exercer ce métier, et donc, de faire les études en rapport. Arrêtons de dire que la seule carotte de l'humain est uniquement l'argent. J'en profite également pour dire que je suis contre ce principe de mettre en adéquation les salaires et la durée des études. A bientôt à tous, et vive la révolution citoyenne, vive la France.

Ayest (David) a dit le jeudi 29 mars 2012 à 22:34 : #23

Tout à fait d'accord avec Ludovic Sansone (#22), et j'ai fait 8 ans d'étude après le bac. Je ne vois pas pourquoi le salaire devrait être lié au niveau d'étude. (Par contre, il faut trouver une solution pour être payé pendant les études).

Boblebug a dit le vendredi 30 mars 2012 à 13:20 : #24

Quel sera l'impact de la nationalisation des entreprises dans le domaine de l'énergie sur le prix de ces énergies? Si ça se traduit par une baisse de prix, alors ça sera une baisse de charge pour l'entreprise d'une part et une baisse de charge pour le salarié qui pourra absorber plus facilement la hausse de prix de certains autres produits...

Thaumasios a dit le vendredi 30 mars 2012 à 19:43 : #25

Il y a une solution toute simple pour passer au Smic à 1700 euros, sans menacer les TPE/PME : il s'agit de la Caisse de solidarité Productive ! C'est une proposition qui a été présentée dans le numéro de décembre de la Revue du Projet.
Liens :
http://projet.pcf.fr/16097

http://blogs.mediapart.fr/edition/la-revue-du-projet/article/130212/pour-une-caisse-de-solidarite-productive-par-thomas-m

Roulemapoule a dit le samedi 31 mars 2012 à 16:17 : #26

Entièrement d'accord avec Jürgen et avec Thaumasios: cette question cruciale du programme du FdG sur le smic à 1700€ est intimement liée à la question des TPE/PME, et je ne comprends pas pourquoi malgré le fait qu'elle ait été publiée dur Médiapart et dans la revue du Projet, elle ne soit pas relayée par les porte-paroles du Front de Gauche pour expliquer comment on fait un smic à 1700€ sans faire couler les TPE/PME.
C'est pour cette raison que j'avais publié sur mon blog le texte sur la caisse de solidarité productive :
http://pourquoi-je-vote-melenchon.blogspot.fr/2012/01/face-la-crise-la-solidarite.html
Il nous faut absolument défendre cette idée dont l'argumentaire nous est livré clé en main par les auteurs : il n'y a plus qu'à dérouler !

Thaumasios a dit le dimanche 01 avril 2012 à 17:23 : #27

Voici un article très intéressant sur le Smic à 17000 euros, qui met parfaitement en perspective la Caisse de Solidarité Productive avec le reste du programme du Front de Gauche :
http://www.noulekapab.com/article-le-smic-a-1-700-euros-une-realite-102585824-comments.html

pacrun a dit le lundi 02 avril 2012 à 21:45 : #28

j'ai lu cet article ça parait effectivement être la solution la solution. sauf que le temps de mettre en place cette CSP (Caisse de Solidarité Productive) on aura déja de la casse au niveau des PME/TPE. La solution serait elle pas d'augmenter ce Smic seulement quand cette CSP sera mise en place?
Je suis de plus en plus en plus en difficulté pour argumenter l'augmentation du Smic à 1700€.

Lou a dit le mardi 03 avril 2012 à 20:57 : #29

Les PME souffriront-elles du SMIC à 1700€ ?- in réactions au blog de JLM du 3 avril 2012

3 avril 2012 à 14h49

Sur les PME et TPE, une réponse de J.GENEREUX:
Vu le nombre de demandes de précisions sur l'impact sur les PME et TPE de la mesure SMIC à 1700€ (et qui restaient « sans réponse »- c'était avant la publication sur place au peuple de la vidéo récapitulative) je me suis permis de contacter J. Généreux qui a eu la gentillesse d'apporter la réponse suivante:
« La hausse du SMIC ne coûtera rien aux petites entreprises (moins de 50 salariés) qui bénéficieront d'une compensation temporaire par transfert fiscal et social (pris sur les niches fiscales et sociales dont profitent les grandes entreprises).
En outre les PME auront accès au crédit à bas taux auprès des banques publiques et un accès privilégié aux marchés publics.
Elles bénéficieront de surcroît d'un escompte gratuit de toutes leurs factures en attente de paiement par des grandes entreprises donneuses d'ordre : paiement immédiat des factures par les banques publiques et, à l'échéance de l'effet de commerce, règlements des frais financiers par l'entreprise donneuse d'ordre)...
Tout ceci, ajouté au fait que la hausse des bas salaires plus les investissements de la planification écologique et le plan de construction de logement restaureront une forte activité, tout cela donc, fait que les entreprises en général et les PME en particulier seront bien plus prospères dans le monde du FdG que dans l'austérité présente et future que leur promettent les autres programmes.

Thaumasios a dit le mercredi 04 avril 2012 à 14:48 : #30

Bien sûr ! Tout cela constituerait des mesures d’urgence viables pour que les TPE/PME se mettent à niveau tout de suite (par exemple pour le Smic à 1700 euros), mais, justement, ces mesures ne peuvent viser que le court terme (surtout en période de crise, quand on ne sait pas ce qui peut se passer le lendemain). Or, il faut aussi penser à plus long terme qu’une simple réforme de la fiscalité pour les entreprises. Comme pour chaque grande avancée sociale, ce point de départ doit forcément être dépassé, au profit de l’ensemble de la société, étant donné qu’une loi ne doit pas être destinée à une partie du corps social, mais bien à sa totalité. Cela s’appelle l’intérêt général. Là où une réforme de la fiscalité ne vise que les entreprises, la Caisse de Solidarité Productive, elle, entend justement répondre à un projet global d’intérêt général et de long terme, en sécurisant l’ensemble de la production. De plus, elle est tout à fait compatible avec les analyses et propositions de J. Généreux dans son livre Nous, on peut et n’est donc absolument pas exclusive du reste du programme du Front de Gauche. Au contraire, elle vient juste l’appuyer, le crédibiliser et lui donner un outil essentiel pour, par exemple, la planification écologique ou le contrôle de la production pour sortir du productivisme. En plus, la Caisse de Solidarité Productive pourrait être un de ces grands projets qui mobilisent le Peuple, comme a pu l’être en son temps la création de la Sécurité sociale.

azulejo a dit le lundi 09 avril 2012 à 15:10 : #31

Bonjour,
cette argumentation est interessante mais je ne suis pas convaincu par elle complètement car je la trouve trés legère car sinon pourquoi en 1981 la gauche à échouée alors qu'avec Melenchon elle reussirait en 2012 ???. les socialistes en 1981 avaient aussi des bons economistes pourtant !. De plus le programme de Melenchon en direction des petites entreprises est trés nettement insuffisant et ne me parait pas être suffusamment travaillé et c'est à revoir pour moi car trop vague et pas assez precis et j'ai vu la video par rapport à cela et c'est le pourquoi de ma reaction négative !.Merci de me répondre avec de solides arguments.

Thaumasios a dit le mardi 10 avril 2012 à 12:07 : #32

Bonjour,
Un excellent argumentaire par un patron qui s'apprête à voter Mélenchon (!) et qui évoque la Caisse de Solidarité Productive (http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/04/10/les-patrons-doivent-voter-pour-le-smic-1700-euros-de-melenchon). Les idées avancent, camarades !

steph a dit le vendredi 20 avril 2012 à 00:41 : #33

Je possède un petit restaurant et je fais un résultat de moins de 10000 euros avec 4 employés, avec un smic à 1700 euros, 3 solutions soffrent à moi, 1 j'augmente mes prix de 25 %, 2 je supprime un emploi, 3 je ferme tout de suite pour limiter la casse et laisser la place à de graandes chaines qui font de la merde en bôite.

maxcorse a dit le vendredi 27 avril 2012 à 11:52 : #34

vive la vision simpliste et populiste PS de l'augmentation du Smic... parce qu’on va faire comment pour la financer la surcharge de salaire ?? ben en augmentant les tarifs !! du coup tu vas gagner plus mais comme tout va couter plus cher ça va revenir au meme !! on va juste devenir un pays cher ou le touriste ne vont, en plus ne plus venir dépenser et par contre les français iront encore plus passer leur vacances dans des pays ou ils auront un meilleur pouvoir d'achat !!!

pret immobilier a dit le mardi 11 février 2014 à 15:35 : #35

Bonjour pourriez vous me nommer la marque du Content Management System de votre blog. j'aimerai savoir si sa manipulation est aise pour un debutant dans la creation de blog.

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